Installer des caméras chez soi est devenu courant :
protéger sa maison, surveiller les accès, garder un œil sur une villa secondaire dans le Var…
Mais dès qu’on parle vidéosurveillance, une autre question arrive avec :
“Est-ce que j’ai le droit de filmer ça ? Et jusqu’où ?”
Entre la protection de votre maison et le respect de la vie privée de vos proches, de vos voisins, de votre personnel ou de vos locataires, il y a des règles claires.
Ignorer ces règles, c’est prendre des risques juridiques… et se fâcher avec tout le monde.
Voyons donc ce que vous pouvez faire, ce que vous ne pouvez pas faire, et comment mettre en place une vidéosurveillance efficace et conforme.
1. Oui, vous avez le droit d’installer des caméras chez vous… mais pas n’importe comment
En tant que particulier, vous avez le droit d’installer des caméras pour :
- surveiller votre habitation,
- sécuriser vos accès (portail, porte d’entrée, jardin, terrasse),
- lutter contre les cambriolages ou dégradations.
Mais ce droit est encadré par deux grands principes :
- Vous ne pouvez filmer que chez vous, pas chez les autres, ni la voie publique.
- Vous devez respecter la vie privée des personnes filmées (famille, invités, salariés, locataires…).
Dit autrement :
vous pouvez protéger votre propriété, pas transformer vos caméras en radar permanent sur le voisinage ou la rue.
2. Ce que vous pouvez filmer… et ce qui est interdit
2.1. Ce que vous pouvez filmer
En pratique, vous pouvez filmer :
- l’intérieur de votre maison (entrées, couloirs, salon, pièces stratégiques) ;
- l’intérieur de votre terrain :
- jardin,
- cour,
- terrasse,
- piscine (en restant prudent sur la vie privée des proches).
Objectif : protéger vos biens et votre domicile.
2.2. Ce que vous ne pouvez pas filmer
En revanche, il est interdit de filmer :
- la voie publique : trottoir, route, parking, même si votre voiture y est garée ;
- la propriété voisine : jardin du voisin, terrasse, fenêtres, piscine ;
- les parties communes d’un immeuble si vous êtes en copropriété (ces dispositifs relèvent d’un autre régime, géré par la copro et soumis à des règles spécifiques).
Pour les particuliers, la règle simple :
Le champ de la caméra doit rester cantonné à votre propriété, sans “mordre” de manière continue sur chez les autres ou sur la rue.
Si un petit bout de trottoir apparaît occasionnellement en bord de champ, ce n’est pas dramatique ;
mais une caméra orientée en permanence vers la voie publique ou la maison du voisin est problématique.
3. Famille, invités, nounou, femme de ménage : vous devez les informer
Même chez vous, la vie privée des autres compte.
3.1. Informer les personnes filmées
Si vos caméras filment :
- des invités,
- une aide à domicile (ménage, jardin, garde d’enfants…),
- du personnel occasionnel (artisan, intervenant),
vous avez l’obligation de les informer de l’existence du système de vidéosurveillance.
Il s’agit au minimum de :
- le dire clairement,
- éviter absolument l’effet “caméra cachée”.
Installer une caméra dissimulée pour espionner quelqu’un (conjoint, salarié, nounou, etc.) est clairement illégal et peut être lourdement sanctionné (atteinte à la vie privée, article 9 du Code civil, sanctions pénales possibles).
3.2. Attention aux pièces intimes
Même chez vous, il est fortement déconseillé (et souvent jugé abusif) de placer des caméras :
- dans les chambres,
- dans la salle de bains,
- dans les toilettes.
On reste sur les zones d’accès et de circulation, pas sur les lieux d’intimité.
4. Locations saisonnières, Airbnb, villa secondaire : règles particulières
Si vous louez votre maison ou villa dans le Var en saisonnière (Airbnb, gîte, location courte durée), les règles se durcissent.
4.1. Caméras acceptables
Vous pouvez, en général, installer :
- des caméras à l’extérieur (portail, allée, terrasse) orientées vers les accès,
- éventuellement à l’intérieur dans des zones de circulation (entrée) — à manier avec prudence.
Mais vous devez :
- informer clairement les locataires de la présence de caméras,
- préciser les zones filmées,
- ne jamais filmer les chambres, salles de bains, pièces de vie en mode “espionnage”.
Sur les plateformes de location, un défaut d’information peut entraîner des sanctions (jusqu’à la suspension de l’annonce), en plus du risque juridique.
4.2. Transparence et proportionnalité
En gros :
Sécuriser les accès, oui. Surveiller la vie des locataires, non.
Un bon compromis pour une villa secondaire louée :
caméras extérieures (portail, jardin, abords) + alarme, mais pas de vidéosurveillance intrusive à l’intérieur pendant l’occupation.
5. Combien de temps garder les images ?
Les textes prévoient des durées maximales pour la vidéo dans les lieux publics ou ouverts au public (en général 1 mois maximum, sauf cas particulier) ; au-delà, c’est excessif.
Chez les particuliers, en usage strictement domestique, vous n’êtes pas soumis à une déclaration formelle, mais le bon sens (et l’esprit des textes) s’applique :
- ne conservez pas les images indéfiniment ;
- gardez une durée cohérente avec l’objectif “sécurité” (par exemple, quelques jours à quelques semaines) ;
- limitez l’accès aux enregistrements : tout le monde n’a pas besoin de pouvoir fouiller les images.
En cas d’incident (cambriolage, dégradation), les images encore disponibles peuvent être transmises :
- aux forces de l’ordre,
- à votre assurance,
- éventuellement à la personne filmée qui en fait la demande, selon le contexte.
6. Droit d’accès : que peut demander une personne filmée ?
Une personne qui s’estime filmée de manière abusive (voisin, locataire, salarié…) peut :
- demander des explications sur le dispositif,
- éventuellement demander un accès aux images où elle apparaît (dans certains cadres réglementés),
- saisir la CNIL, la police / gendarmerie ou la justice en cas d’atteinte caractérisée.
Pour éviter les problèmes :
- limitez le champ des caméras,
- informez les personnes concernées,
- soyez prêt à justifier votre dispositif (finalité sécurité, pas curiosité).
7. Vidéosurveillance “intelligente” et reconnaissance faciale : prudence maximale
On voit fleurir des solutions de vidéosurveillance dites :
- “intelligentes”,
- “augmentées”,
- avec reconnaissance faciale,
- analyse algorithmique des comportements.
En France, ces technologies sont très encadrées, voire interdites en temps réel dans l’espace public en dehors de certains cadres expérimentaux ou judiciaires.
Pour un particulier :
- évitez les usages intrusifs voire illégaux (reconnaissance faciale sauvage sur des invités, locataires, salariés…) ;
- privilégiez des systèmes classiques bien configurés, sécurisés, suffisants pour protéger une maison ou une villa.
8. Cybersécurité : protéger vos caméras pour ne pas être… vous-même surveillé
Même si vous respectez la loi sur le champ filmé, vous pouvez tout gâcher si vos caméras sont piratées.
Bonnes pratiques minimales :
- changer tous les mots de passe par défaut ;
- choisir des mots de passe forts et uniques ;
- mettre à jour régulièrement le firmware des caméras et du NVR ;
- sécuriser le Wi-Fi (WPA2/WPA3, mot de passe solide) ;
- éviter d’ouvrir des ports au hasard sur la box ;
- idéalement, segmenter le réseau des objets connectés (caméras, box domotique, etc.).
Sans ça, vous prenez le risque que quelqu’un d’autre accède à vos images, ce qui est un problème majeur de vie privée… pour vous.
9. Comment concilier vidéosurveillance efficace et respect de la vie privée ?
En pratique, une vidéosurveillance “propre” repose sur 4 axes :
- Champ maîtrisé
- on filme les accès, pas la rue ni le voisin ;
- on n’envahit pas les espaces d’intimité.
- Transparence
- on informe les personnes concernées ;
- on bannit les caméras cachées.
- Proportionnalité
- on ne multiplie pas les caméras pour tout filmer sans raison ;
- on adapte le dispositif au risque réel (maison isolée, villa de luxe, résidence secondaire, etc.).
- Sécurité numérique
- on protège le système lui-même (accès, mots de passe, réseau).
Bien fait, un système de vidéosurveillance protège :
- votre maison,
- votre famille,
- et aussi la vie privée des autres.
Conclusion : la vidéosurveillance ne doit pas être une dérive, mais un outil maîtrisé
La vidéosurveillance est un formidable outil pour sécuriser une maison ou une villa dans le Var, à condition de :
- respecter les limites légales (pas de voie publique, pas de voisin, pas de surveillance cachée),
- respecter la vie privée (famille, invités, locataires, personnel),
- sécuriser le système lui-même (cybersécurité),
- l’intégrer dans une stratégie globale : alarme, contrôle d’accès, domotique, télésurveillance.
L’idée n’est pas de tout voir, tout le temps.
L’idée est de mieux protéger, sans basculer dans la surveillance abusive.
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